Aesculus est un genre d'arbres de la famille des Sapindaceae comprenant une trentaines d'espèces originaires de l'hémisphère Nord (Eurasie et Amérique du Nord). Ce genre comprend les différentes espèces de marronniers et de paviers, souvent cultivés comme arbres d'ornement.
Une dizaine d'espèces, originaires d'Amérique du Nord, ont été classées par certains auteurs dans un genre distinct, Pavia Mill., avant d'être regroupées dans le genre Aesculus
Le genre est subdivisé en cinq section botanique : la section hippocastanum, la section calothyrsus, la section pavia, la section macrothyrsus et la section parryanae.
Étymologie : le terme aesculus désignait chez les Latins une espèce de chêne.
Caractéristiques générales
Les espèces de ce genre sont des arbres ou des arbustes à feuilles caduques de 4 à 25 mètres de haut, aux pousses robustes portant des bourgeons résineux, souvent collants.
Les feuilles, opposées, portées par un long pétiole, sont souvent très grandes (jusqu'à 65 cm de large chez le marronnier du Japon, Aesculus turbinata), composées palmées, à nombre impair de folioles.
Les fleurs, assez grandes présentent une grande variété de tons allant du blanc au rouge en passant par le jaune. Elles sont regroupées en panicules dressées très voyantes et décoratives. Elles sont irrégulières, avec une corolle soudée à 4 ou 5 lobes. La pollinisation est assurée par des insectes. La floraison se déclenche après 80 à 110 jours à température croissante.
Les fruits (les marrons) sont des capsules formée d'une enveloppe verte ou brune s'ouvrant en trois valves, contenant une seule graine brillante, marron, très grosse (de 2 à 5 cm de diamètre), généralement de forme globuleuse ; parfois le fruit contient deux graines aplaties sur leur face en contact réciproque ; le point d'attache de la graine à l'enveloppe est marqué par une grande cicatrice circulaire blanchâtre (le hilum). L'enveloppe, qui est ornée extérieurement d'épines souples chez certaines espèces, inermes chez d'autres espèces, s'ouvre en trois valves pour permettre la libération de la graine.
Terrain et exposition
Les marroniers préfèrent les sols silicieux, profonds, fertiles et frais. Il ne s'agit pas là d'exigences strictes, il faut toutefois eviter les excés d'humidité ou les sols trop sec. Aesculus californica supporte des conditions plus sèche.
Les marroniers sont des essences de situation ensoleillés mais les espèce de petites dimensions comme Aesculus sylvatica tolére un léger ombrage. Toutefois et ce pour toutes les espèce le plein soleil et une sécheresse estivales peuvent provoquer une chute pématuré des feuilles.
Principales espèces
Section hippocastanum
La section hippocastanum regroupe les marroniers qui ont des bourgeons visqueux, les folioles sessiles et les fruits sont hérissés de pointes ou sont turbinés
Aesculus hippocastanum L., le marronnier commun ou marronnier d'Inde
Aesculus × carnea Hayne, le marronnier à fleurs rouges
Aesculus turbinata Blume, le marronnier du Japon
Section calothyrsus
La section calothyrsus regroupe les marroniers qui ont des bourgeons visqueux, les folioles pétiolées, les fruits non épineux et piriformes
Aesculus assamica Griff.
Aesculus californica (Spach) Nutt., le pavier de Californie
Aesculus chinensis Bunge
Aesculus indica (Wall. ex Cambess.) Hook., le marronnier de l'Himalaya
Aesculus wilsonii ou marronier de Wilson
Section pavia
La section pavia regroupe les marroniers anciennement classé parmi les paviers (stricto sensu). Les bourgeons sont non visqueux, les folioles sont pétiolées, les fruits sont lisses.
Aesculus discolor
Aesculus flava Sol., le pavier jaune ou marronnier à fleurs jaunes
Aesculus × hybrida DC., le marronnier hybride
Aesculus glabra Willd., le pavier de l'Ohio
Aesculus × neglecta Lindl.
Aesculus pavia L., le pavier rouge ou marronnier de Virginie
Aesculus splendens
Aesculus sylvatica W. Bartram
Section macrothyrsus
La section macrothyrsus ne comporte qu'une espèce aux bourgeons non visqueux, aux folioles subsessiles et aux fruits lisses
Aesculus parviflora Walter
Secion parryanae
La section parryanae ne comporte qu'une espèce aux bourgeons non visqueux, aux folioles sessiles et aux fruits tomenteux et verruqueux.
Aesculus parry
Hybrides et chimère [modifier]
Aesculus x arnoldianna
Aesculus x bushii
Aesculus + dallimorei une chimère entre A. Hippocasanum et A. flava
Aesculus × glaucesens
Aesculus × hemiacantha
Aesculus × marilandica ou marronnier du Maryland
Aesculus × mississipiensis ou marronnier du Mississipi
Aesculus × mutabilis
Aesculus × plantierensis André
Aesculus rubra Pers.
Aesculus × woerlitzensis
Distribution
Espèces originaires de l'hémisphère Nord, principalement d'Asie (sous-continent indien, Extrême-Orient), Europe du Sud-Est (Balkans), ainsi que d'Amérique du Nord (spécialement pour les espèces connues sous le nom de « pavier »).
Utilisation
Vu le nombre d'espèces, de variétés et de cultivars, les usages ornementaux ou en architecture paysagère sont importants : on peut les utiliser comme plantes écrans, comme rideau de verdure, comme plante d'alignement, en association avec d'autres plantes, en isolés.
Phytopathologie
Le marronier est en géneral une essence resistance aux maladies et aux parasites mais il arrive parfois qu'il soit attaqué. ces attaques ont généralement lieu en pépinière car il y a une plus grande concentration de plantes.
Maladie bactérienne
Chancre bactérien du marronnier, dû à des pathovars du Pseudomonas syringae
maladie cryptogamique
Guignardia aesculi ou black-rot du marronnier :
Très commun en pépinières, il s'attaque principalement à Aesculus hippocastanum et à Aesculus x carnea. Le champignon se développe en avril-mai lorsque les précipitations ont été importantes : de petites taches jaune clair aux contours irréguliers apparaissent sur les feuilles. Par la suite, les taches s'étendent, prennent une couleur brun rougeâtre et les feuilles s'enroulent en cornet et tombent prématurément. Il peut compromettre le développement des jeunes plants
Nectria cinnabarina ou nécrose du bois du marronnier:
Parasite des blessures, il est très commun et il s'attaque à de nombreux arbuste et un de ses noms vernaculaires (la nécrose du bois du marronier d'Inde) pourrait induire en erreur: il ne s'attaque pas spécifiquement aux marroniers. Sa forme conidienne (Tubercularia vulgaris) et facilement reconnaissable: des coussinets fermes rouge vif de 1 à 2 mm de long regroupés sur une ancienne blessure. Il peut affaiblir les arbres âgés ou en conditions difficiles. Pour éviter de le rencontrer il faut traiter aux fongicides les plaies d'élagage et les blessures en général. On veillera à brûler les branches mortes car elles peuvent héberger le champignon.
'Verticillium albo-atrum
L'infection débute au niveau des organes souterrains, le mycélium pénétrant dans les vaisseaux du bois, il provoque l'obstruction de ces derniers. lors des heures les plus chaudes de la journée, on peut observer le flétrissement des feuilles. la croissance de l'arbre est ralentie et on observe parfois la mort de celui-ci. On peut lutter contre le verticillium en désinfectant le sol ou par un traitement fongicides du sol par arrossage.
Armillaria mellea
Ce champignon provoque un flétrissement général de la plante dû à une pourriture des racines, il est très facilement reconnaissable grâce à ses rhyzomorphes brun foncé et très épais. Aucun traitement chimique n'est connu à ce jour. On peut lutter en supprimant toutes les plantes contaminées pour empêcher sa propagation, en drainant le sol et en utilisant un champignon antagoniste : le Trichoderma viride.
Phytophtora cactorum (synonyme Phytophtora omnivora)
Lorsque l'humidité est excessive, ce champignon se développe et attaque les jeunes plantules. On observe alors l'apparition de taches décolorées puis brunes, se couvrant d'un duvet blanchâtre. Pour finir, il entraîne une dessiccation ou une pourriture des organes atteints. Pour lutter contre ce champignon, il faut idéalement supprimer les sujets atteints, contrôler l'humidité ambiante et faire un traitement cuprique dès les premières manifestations de la maladie
Glomerella cingulata ou chancre noir
Ce champignon, se développe principalement en pépinières : on observe sur les feuilles des jeunes plants des taches brunes irrègulières. Ces taches s'allongent très rapidement, finissant par dessécher le limbe. Sur les jeunes rameux, se forment des lésions noirâtres pouvant conduire à la formation de chancres profonds sur lesquels les conidies apparaissent. On peut lutter chimiquement contre ce champignon avec du captane, du mancozèbe ou encore du zinèbe (avant d'utiliser ces produits verifier qu'ils soient légaux ou que leur emploi ne soit pas limité dans votre pays).
Phyllactina corylea ou un Oïdium
Ce champignon laisse un fin duvet blanchâtre sur la face inférieure des feuilles : il s'attaques principalement aux paviers. On lutte contre ce champignon principalement à l'aide de soufre micronisé
Uncinula flexuosa ou oïdium du marronier
Ce champignon laisse un fin duvet blanchâtre sur la face inférieure des feuilles : il s'attaques principalement au marronier commun. on lutte contre ce champignon principalement à l'aide de soufre micronisé
Virus
strawberry latent ring spot virus ou S.L.R.S.V
ce virus s'attaque à Aesculus X carnea, les feuilles présente alors un motif rayé. La Transmission s'effectue par un nématode le Xyphinema diversicaudatum , par inoculation mécanique, lors du greffage ou encore par les graines (si l'arbre est infecté). les seuls moyens de lutte sont la désinfection du sol et la suppression des adventices.
Insectes
Cossus cossus : la chenille rougeâtre, de de 5 à 10 cm de long, de ce lépidoptère s'attaque aux troncs ou aux branches des arbres qu'elle creuse. Les orifices laissent suinter des déjections mélangées à de la sciure.
Zeuzera pyrina, une zeuzère
Acronitia aceris ou noctuelle des érables
Cameraria ohridella ou mineuse du marronnier
Alebra wahlbergi, une cicadelle
Eupulvenaria regalis ou pulvinaire du marronnier d'Inde
Eulecanium tiliae ou cochenille à carapace du noisetier
Barypheites araneiformis ou charançon du collet du trèfles
Acariens
Tegonotus carinatus ou phytope du marronier